 |  |  | Entretien avec Hélène Szulc
Curer une station d’épuration, vérifier la piscine d’une centrale nucléaire ou rejointoyer la base d’un pont… un métier "passion" pour un secteur de niche dans lequel s’est engouffrée cette entreprise basée à Saint-Laurent-Blangy, créée en 1995 par une bande d’amis scaphandriers. Hélène Szulc, la dirigeante, est alors fraîchement diplômée de Sciences Po Lille, où elle a mené une étude de marché qui a montré l’intérêt des travaux immergés. Orientée vers les stations d’épuration, l’entreprise s’est ouverte aux travaux publics, à l’industrie, à l’offshore, à la surveillance d’ouvrages d’art et au génie civil.
En 2002, pour ne pas rester sur un seul marché, elle se diversifie vers les travaux sur cordes et confinés. "Edf nous a proposé d’intégrer le panel d’entreprises qualifiées dans le nucléaire", commente Hélène Szulc. Elle s'est alors engagée sur la voie des certifications et des qualifications les plus pointues, pré-requis pour intervenir en industrie chimique, nucléaire, en zone dangereuse et en atmosphère irrespirable. "Nous avons ainsi développé une polyvalence et une réactivité aux demandes atypiques", analyse la dirigeante.
Une veille technique
L’entreprise réalise 20% de son activité dans la région, elle a également ouvert quatre antennes en France, pour développer cette compétence, sous les marques Aquago (entretiens des lagunes) et Aquago étanchéité (géomembranes adaptées aux ouvrages hydrauliques). Elle est impliquée dans l’association Réseau Environnement (présidée par Hélène Szulc), qui fédère les savoir-faire régionaux en matière d’environnement. . Des brevets ont été déposés, notamment pour un système d’aération des bassins, solaire et autonome. "C’est important d’innover, de créer de la valeur ajoutée. On a su anticiper les besoins et on est passé à un palier supplémentaire", résume Hélène Szulc.
Les échanges de compétences et la veille technique se font en collaboration avec des universités françaises, via internet ou des salons spécialisés. Mais c’est surtout la coopération internationale qui fait avancer : collaboration avec un ingénieur québécois, envoi d’un VIE (volontaire à l’international) à Abu-Dhabi ou travail avec un centre de recherche vietnamien. Si les démarches de prospection sont longues et compliquées (différences culturelles, juridiques, linguistiques), les perspectives sont nombreuses. "On ressent un certain marasme en France, analyse Hélène Szulc. Il faut chercher ailleurs des relais de croissance".
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